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« Pour vos correspondances, voici
un manuel de lettres d'insultes. »
«Insulter, tout un art». La phrase mise en exergue sur ce drôle
de livre annonce la couleur: il s'agit d'un recueil de «Lettres d'insultes» à destination
de - au choix - la SNCF, le Père Noël qui a oublié que c'était
censé être Noël pour vous aussi, votre patron qui vous «tape
sur le système», votre propriétaire qui a «encore augmenté votre
loyer» ou ces fichus médias qui «défendent des petits
points de vue d'intellectuels foireux en tapant sur tout ce qui n'est pas bien
pensant».
Le livret, hilarant, disponible autour du 10 avril moyennant 5 euros, fait état
des situations malencontreuses vécues par n'importe quel citoyen normalement
constitué (visite à l'ANPE, billet de train impossible à échanger,
boîte électronique saturée de mails, pertes récurrentes
au Loto). Et même si ces «lettres d'insultes» sont impossibles à envoyer
dans la réalité, sous peine de brouille définitive, ou de
procès pour calomnie, elles ont le mérite de défouler. C'est
le résultat de l'ironie piquante d'un certain John-Harvey Marwanny, auteur
au nom américanisé (il s'appelle en fait Jean-Hervé Marouin)
qui habite à Rennes et qui édite, sur un ton professoral remanié au
dix-huitième degré, des ouvrages aux titres surréalistes
(un agenda intitulé «365 Jours pour réussir, madame»; «La
méthode Marwanny pour gérer le changement dans la continuité»; «La
méthode Marwanny pour accompagner, et (re)cadrer les membres de son équipe»).
Correspondance casse-tête
Cependant, ce «guide pratique de correspondance institutionnelle et commerciale» a
beau n'avoir qu'une vocation humoristique, il pose une vraie question: comment
communiquer avec les institutions et les services commerciaux réputés
injoignables ou/et inopérants?
Face à ce défi aussi exaspérant qu'un casse-tête chinois,
un autre guide pratique («Toutes les lettres pour agir», éd.
Francis Lefebvre, 26 euros) consacre 508 pages à donner des exemples de
lettres-types «juridiquement irréprochables» adaptées à toute
forme de réclamation (contester une facture, suspendre sa ligne de téléphone,
demander un délai aux impôts, etc.).
Le match entre lettres officielles et lettres d'insultes
Prenons un exemple. Pour refuser l'augmentation d'un loyer, les «lettres
d'insulte» recommandent de s'adresser ainsi à son propriétaire: «Vos
caniches nains de l'agence immobilière Couëssin du Boisirou nous
ont fait parvenir votre augmentation de loyer sans le moindre retard (.). J'aurais
aimé en tout cas que vous soyez aussi enthousiaste quand je vous tiens
au courant de toute sorte de travaux à effectuer. Depuis quatre ans maintenant,
vous vous gardez bien de donner le moindre signe de vie quand un nouveau pan
de l'appartement tombe en ruines.»
Pour une réponse plus efficace et moins «personnelle», préférez
la préconisation de «Toutes les lettres pour agir» qui conseille
une formulation du type «le montant proposé me paraît excessif
par rapport aux loyers du voisinage. Vous trouverez ci-joint cinq références
démontrant qu'un loyer mensuel de (.) serait déjà dans la
moyenne supérieure».
Et vous, qui avez-vous le plus envie d'insulter?
AA , pour 20Minutes.fr

« Lettre courtoise à un insulteur céleste. »
« John-Harvey Marwanny, personnage burlesque et fictif, est l'auteur
d'un recueil de lettres d'insultes types à destination des institutions.
Nous lui avons écrit.
Cher John-Harvey,
C'est avec plaisir que je prends la plume pour vous parler de votre ouvrage Lettres
d'insultes, guide pratique de correspondance institutionnelle et commerciale.
Ce recueil, pour le moins décalé, m'a fait sourire et m'a plutôt
amusé. Certains courriers sentent viscéralement l'énervement
et l'exaspération, un sentiment pas très noble, mais terriblement
humain.
« Tout le monde s'est déjà retrouvé dans des
situations où l'on a envie d'écrire des lettres d'insultes. Nous
avons tous vécu des situations absurdes ou des journées calamiteuses »,
expliquez-vous, en énumérant certaines inepties repérées
dans le fonctionnement de nos grandes institutions comme la banque ou la SNCF.
Je suis tout à fait d'accord avec vous, mais l'ouvrage apparaît,
au premier abord, comme un recueil de grossièretés et de mots crus,
déclinés à toutes les sauces. « De l'écriture
spontanée », vous défendez-vous. Je présume néanmoins
que votre livre fera soupirer certains lecteurs peu enclins au second degré.
Dans une démarche assumée, vous revendiquez l'absurdité et
le mauvais goût de vos écrits épistolaires. « Un
ressort de l'humour », dites-vous. Je vous l'accorde. Et puis, cette
expression instinctive, que cristallisent les insultes, reste fédératrice
et populaire, dans le bon sens du terme. Cela explique sans doute le succès
de votre livre. Des étudiants aux branchés parisiens, tout le monde
se l'arrache. À tel point que vous en êtes déjà au
troisième tirage en imprimerie. Félicitations.
À l'image d'un Coluche, faut-il voir, derrière vos gros mots, une
critique de certains aspects de la société ? Vous évoquez
souvent « les dysfonctionnements et les absurdités » de
notre système. Je sais que « la frénésie de consommation » vous
insupporte au plus haut point. Derrière chaque insulte, il y a d'abord
une frustration. Commentaire social et bonne vieille farce potache, votre livre
est tout cela à la fois. »
Julien MARCHAND , pour Ouest
France .

« Un guide pratique pour les lettres
d'insultes. »
«Insulter, c'est tout un art», dixit John Harvey Marwanny. Après
l'agenda pour les winneuses, le président de la Marwanny Corporation livre
un guide pratique de correspondance institutionnelle et commerciale sous forme
de lettre d'insultes. Un ouvrage fort utile au vu des nombreux correspondants
méprisables qui peuplent le monde épistolaire.
Comment remercier l'Anpe pour son aide précieuse, faire comprendre à votre
patron qu'il vous tape sur le système, ou décliner les offres alléchantes
des spammeurs. pour toutes ces questions quotidiennes, ce petit fascicule apporte
son lot de lettres-types jubilatoires. Un peu dans la veine des lettres de non-motivation,
Lettres d'insultes se doit de figurer dans votre bibliothèque.
FmR , pour Modes
d'emploi, trouver un job, c'est du boulot. .

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